Table des matières et résumés
Numéro 78, hiver 1998


Index récapitulatif de 1993-2008
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Note de l'éditeur (Masuzoe Yôichi)
Chronologie (Mai - Juillet 1998)

UN NOUVEAU POINT DE VUE SUR LA CIVILISATION

  • Les débuts de l'ère moderne au Japon (KAWAKATSU Heita)

    À l'époque des grandes explorations, les navigateurs japonais et européens sillonnaient les eaux asiatiques et achetaient les produits de la région. Par la suite, le Japon et l'Europe ont tranché leurs liens de dépendance vis-à-vis de l'Asie, mais contrairement à l'Europe, qui s'est tournée vers l'extérieur en accomplissant une révolution industrielle à forte intensité de capital et économe en main-d'œuvre, le Japon a opté pour l'introversion et une "révolution industrieuse" économe en capital et grande consommatrice de main-d'œuvre. Le moment est venu de revisiter nos connaissances sur cette période de l'histoire japonaise, ce qui nous aidera peut-être à mieux tenir compte de la finitude de l'espace et des ressources mondiales.

  • Une perspective nouvelle sur l'histoire moderne (KAWAKATSU Heita, MATSUMOTO Ken-ichi)

    À l'époque d'Edo (1603-1868), sous la politique de fermeture, le Japon est parvenu à un haut degré d'autosuffisance. Mais au milieu du XIXe siècle, les Japonais se sont rendu compte que leur civilisation s'était laissé distancer par l'Europe, et ils ont alors entrepris de la rattraper en se lançant eux aussi dans l'aventure expansionniste. La compétition pour le contrôle des terres, des mers puis du ciel a débouché sur l'invasion de la Chine dans les années 30 puis sur la participation à la Seconde Guerre mondiale. Mais les astronautes ont révolutionné notre vision de la planète : nous savons désormais que le ciel immense et bleu que nous voyons au-dessus de nos têtes n'est qu'une fine couche d'air autour d'un globe flottant dans l'obscurité.

    ENVIRONNEMENT

  • Le réchauffement planétaire : un sujet brûlant (YONEMOTO Shôhei)

    La troisième session de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique s'est tenue à Kyôto en décembre 1997. Les participants sont parvenus à élaborer un accord définissant des objectifs à atteindre dans le cadre de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais cet accord présente une série de lacunes. Un problème majeur est celui des émissions de gaz carbonique par les États-Unis, qui sont le plus gros pollueur mondial en ce domaine : comment les contraindre à jouer pleinement le rôle qui leur incombe dans la prévention du réchauffement planétaire ? La consommation de masse, née en Amérique, doit être remise en question.

    JAPON : COMMENT SORTIR DE LA CRISE ?

  • Des Affaires étrangères à la tête du gouvernement (OBUCHI Keizô)

    Obuchi Keizô, qui a remporté la victoire dans la course pour la succession de M. Hashimoto, revient sur l'époque où il était ministre des Affaires étrangères, en partant de la constatation que, contrairement à ce qui se passe dans les grands pays occidentaux, les affaires intérieures ont clairement la priorité au Japon. En ce qui concerne les problèmes économiques actuels de l'Archipel, M. Obuchi préconise une politique de stimulation de l'offre, passant notamment par la création d'un environnement propice à l'innovation et la révision de la fiscalité. Au niveau international, il souligne que la conclusion d'un traité de paix avec la Russie reste une priorité. Il regrette amèrement la méfiance du public vis-à-vis de la politique et appelle les politiciens à rétablir leur prépondérance sur l'Administration.

  • Un plan pour remédier à l'instabilité financière (KAJIYAMA Seiroku)

    Après la retentissante défaite électorale du PLD, le premier ministre Hashimoto Ryûtarô a annoncé sans délai son intention de démissionner. Parmi les trois candidats à sa succession à la présidence du parti figurait Kajiyama Seiroku, qui, à la fin de 1997, avait démissionné de son poste de secrétaire en chef du cabinet et réclamé, comme il le fait dans cet article, un programme plus audacieux en vue de remédier à l'instabilité du système financier japonais. Selon lui, les 30 000 milliards de yen débloqués par le gouvernement pour le soutien des établissements financiers n'ont pas été mis à bon usage. Il demande que toute la lumière soit faite sur les créances douteuses des banques et propose des catégories de solvabilité pour procéder au classement de ces dernières, les plus faibles d'entre elles devant être soit fermées soit scindées en vue d'une reprise par d'autres établissements.

    L'IMPASSE ÉCONOMIQUE EN ASIE

  • La crise monétaire et la fin de l'ancienne organisation politico-économique en Asie (SHIRAISHI Takashi)

    La crise des économies asiatiques à laquelle on a assisté l'an dernier a révélé que les systèmes politico-économiques d'un certain nombre de pays, dont la Thaïlande, la Malaisie et l'Indonésie, se trouvent dans une impasse. Mais les causes sous-jacentes et les solutions adoptées diffèrent d'un pays à l'autre. En Thaïlande, le problème provient du régime de gouvernements de coalition asservis aux intérêts des groupes de pression. La Malaisie a été moins durement frappée, mais la crise fragilise l'aptitude des autorités à maintenir la croissance et l'harmonie entre les communautés ethniques. C'est en Indonésie que la situation est la plus grave. Le problème de ce pays n'est pas l'échec d'un quelconque mécanisme de gestion des crises mais l'absence de tout mécanisme de ce genre.

  • Restructurer dans un contexte déflationniste (NARIAI Osamu)

    Des appels en provenance des économistes se font entendre en faveur d'une réduction permanente des impôts. Leurs auteurs conviennent que la réduction du déficit budgétaire constitue un objectif à long terme, mais ils affirment que la première priorité consiste aujourd'hui à redonner vie à l'économie. Mais ces appels à la stimulation de la demande négligent le fait que les 70 000 milliards de yen ou presque investis en mesures de relance n'ont jusqu'ici produit aucun effet. Désormais, le Japon doit faire porter ses efforts du côté de l'offre, et notamment sur la résorption des excédents d'équipements et la création de nouvelles activités et de nouvelles entreprises en vue de mettre un coup d'arrêt à la montée alarmante du chômage.

    DÉBAT

  • Pourquoi les pagodes japonaises ne s'effondrent-elles pas ? (UEDA Atsushi)

    Le Japon est pratiquement le seul pays au monde à conserver des pagodes en bois à cinq étages. Ces édifices en apparence fragiles ont résisté non seulement au passage du temps mais aux séismes et aux typhons qui frappent régulièrement le pays. Comment expliquer ce mystère ? Pour M. Ueda, il faut chercher la réponse dans les méthodes de construction. La pagode traditionnelle est pourvue d'un énorme pilier central, le shinbashira, autour duquel les étages s'emboîtent les uns dans les autres, à la manière d'une pile de chapeaux. Cette structure, ainsi que le mode d'assemblage des piliers, effectué par tenons et mortaises, permettent aux différents éléments de jouer lors des secousses, ce qui empêche la pagode de s'effondrer. L'auteur estime que ces techniques, tout aussi vieilles qu'elles soient, devraient être mises à contribution pour la construction des immeubles modernes.

    HISTOIRE

  • Les atrocités de Nankin : mythe et réalité (HATA Ikuhiko)

    Le livre de Iris Chang intitulé The Rape of Nanking : The Forgotten Holocaust of World War II a fait sensation aux États-Unis. L'auteur estime que les atrocités commises en 1937 après la chute de Nankin ont fait entre 260 000 et 350 000 victimes. De nombreux érudits japonais partagent cette estimation. Pourtant, le décompte a été faussé par des erreurs de méthodologie et le chiffre de 40 000 à 60 000 personnes semble plus raisonnable. On peut aussi reprocher au livre de Mlle Chang de contenir des photographies délibérément recadrées et accompagnées de légendes totalement fausses. Au Japon aussi, le recours à ce genre de manipulation des photos datant de la guerre est malheureusement courant.


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