Table des matières et résumés
Numéro 77, automne 1998


Index récapitulatif de 1993-2008
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Note de l'éditeur (Masuzoe Yôichi)
Chronologie (Février - Avril 1998)

POLITIQUE : L'ERRANCE CONTINUE

  • Le Japon sous la tutelle du nouveau PLD (MIYAZAWA Kiichi, SHINOHARA Fumiya)

    Les projecteurs sont à nouveau braqués sur Miyazawa Kiichi. À l'heure où un certain nombre de pays font pression sur le Japon pour qu'il ranime son économie moribonde, l'ancien premier ministre, un homme cosmopolite et féru d'économie, a pris une part active à la formulation des politiques et à leur présentation à l'étranger. Dans cette interview, il se livre à un examen de la situation politique et, remarquant que la confusion règne dans les rangs de l'opposition, il suggère que le Parti libéral-démocrate devrait être en mesure de se maintenir au pouvoir pour peu qu'aucun grand scandale n'éclate.

  • L'importance de l'autonomie financière (TANAKA Naoki)

    Le fait que le processus de prise de décision ne fonctionne pas comme il convient est une cause sous-jacente de la formation de la " bulle économique ". Pour combler les lacunes de ce système, où ni les décideurs politiques, ni l'Administration ni le secteur privé n'exercent un contrôle adéquat, il faut maximiser l'autonomie. Malheureusement, aucune réforme n'est prévue en ce qui concerne deux institutions gigantesques : l'épargne et l'assurance de la poste. Tant que l'État ne se désengagera pas des marchés financiers, le Japon ne pourra espérer voir ceux-ci prendre une dimension mondiale.

    L'ASIE TOUJOURS DANS LA TOURMENTE

  • La Chine et Hongkong vont droit à la catastrophe (ITÔ Kiyoshi)

    À la suite de la crise financière asiatique, le lien qui rattache le dollar de Hongkong au billet vert a pratiquement atteint son point de rupture, et quoiqu'en dise Pékin il n'est pas impossible que le yuan doive lui aussi subir une dévaluation. La vétusté des institutions financières chinoises et le caractère endémique du favoritisme et de la corruption aggravent encore la situation. La Chine est devenue une marmite prête à exploser.

  • Une nouvelle flambée d'anti-américanisme (KAWACHI Takashi)

    La longue récession japonaise et le crise économique en Asie de l'Est ont amené certains Occidentaux à considérer que les " valeurs asiatiques " étaient discréditées, mais ce rejet a provoqué un choc en retour. Au Japon, des commentateurs conservateurs comme Nishibe Susumu, Etô Jun et Iida Tsuneo ont estimé que le Japon devait prendre ses distances vis-à-vis des États-Unis. Mais toute initiative en ce sens poserait des problèmes au reste du monde. Les réactions à la crise économique asiatique ont été trop émotionnelles des deux côtés du Pacifique.

    LES LEÇONS DU PASSÉ

  • Un nouveau bushidô pour le Japon de demain (UEDA Atsushi)

    Le système social propre au capitalisme protestant est en train de se déliter, et les choses vont encore plus mal en dehors du monde protestant. Même au Japon, pays qui a derrière lui des décennies de réussite dans la production capitaliste mais aussi de rejet de toute éthique, le vide moral commence à engendrer de graves problèmes sociaux. Dans leur quête d'un mécanisme de contrôle, les Japonais feraient bien de se tourner vers le bushidô, qui était le code de vie des samurai. Ceux-ci plaçaient la droiture au-dessus du profit et se dévouaient au service public. Ce n'est plus aux seigneurs féodaux mais à l'univers tout entier que doit aller le dévouement des Japonais d'aujourd'hui, à travers la lutte contre la pauvreté et la protection de l'environnement.

  • Un pessimisme masochiste hérité de l'époque d'Edo (MINAMI Hiroshi)

    L'aura de pessimisme qui baigne le Japon doit beaucoup à la propension des Japonais au masochisme. Même l'américanisation menée à l'issue de la Seconde Guerre mondiale n'a pas réussi à les guérir de ce penchant, qui mène au fatalisme et à la passivité politique. Le sentiment tenace d'infériorité dont ils souffrent vient encore aggraver ce masochisme. Les Japonais doivent prendre conscience de leur propre originalité et de la valeur que la communauté internationale attache à leurs spécificité. Une fois convaincus de l'excellence de leurs traditions, ils n'auront plus besoin de se sentir inférieurs à qui que ce soit.

    LE SOUTIEN À LA CULTURE ET AUX ARTS (TAKASHINA Shûji)

  • Vers une nouvelle politique de protection des arts (YAMAZAKI Masakazu))

    Au regard des normes occidentales, les subventions accordées à la culture par l'État japonais sont plutôt maigres. Le gouvernement a pourtant décidé de débloquer des fonds pour financer les coûts de production des spectacles donnés au Nouveau théâtre national, ouvert l'an dernier à Tôkyô. Cet événement peut être considéré comme un grand tournant dans l'histoire de la politique culturelle du Japon. La conception de l'art comme un luxe superflu appartient à une ère industrielle révolue. L'art nourrit l'imagination, laquelle est indispensable aux industries de connaissance qui sont le fer de lance de la société postindustrielle.

  • Un niveau mondial à l'échelon local : le centre des arts du spectacle de Shizuoka

    L'été dernier, le département de Shizuoka a ouvert un nouveau centre destiné aux arts du spectacle, dans un site naturel splendide situé à proximité du mont Fuji. Les autorités ont eu la sagesse d'en confier la direction à Suzuki Tadashi, un metteur en scène de renom, dont l'attention apportée au détail transparaît dans la conception des installations. C'est dans les idées de M. Suzuki que le centre puise son orientation et sa cohérence.

    SOCIÉTÉ

  • Comment lutter contre la criminalité infantile ? (KAWAI Hayao)

    Jusqu'ici, le débat sur la jeunesse japonaise se focalisait dans une large mesure sur l'" enfer des examens " où la compétition pour l'accès aux établissements les plus prestigieux plonge les lycéens et les collégiens. Récemment toutefois, une série de crimes commis par des enfants a soulevé des questions sur la santé mentale des jeunes. Kawai Hayao, un expert en psychologie clinique, compare la situation actuelle à un ciel d'orage. La décharge d'électricité se produira inévitablement, mais personne ne peut dire où frappera la foudre.

  • Recyclage : les leçons de l'époque d'Edo (TANAKA Yûko)

    Du XVIIe siècle jusqu'au milieu du XIXe, c'est-à-dire pendant l'époque d'Edo, le Japon a pratiqué une politique de fermeture nationale. Cette période, souvent considérée comme une époque de stagnation, est pourtant remarquable par le dynamisme de son économie de marché. Mais la population était profondément imprégnée par l'idée que les ressources n'existaient qu'en quantités limitées et qu'il convenait donc de les utiliser à bon escient et de les recycler. Pour les artisans, il allait de soi que les objets devaient durer des siècles. Les excréments humains étaient récupérés pour servir d'engrais. Et comme il était interdit de polluer les cours d'eau, l'hygiène était excellente. Nous ferions bien de réapprendre la conception du recyclage qui prévalait à cette époque.

    DÉBAT

  • La crise financière asiatique et le FMI (MOCHIDA Takeshi)

    Un colloque organisé les 19 et 20 février 1998 à la Maison de la Culture du Japon à Paris a réuni des politologues, des économistes et des universitaires de divers pays pour discuter, entre autres thèmes, de la crise financière asiatique. L'auteur résume les interventions des participants en accordant une place toute particulière à celle de l'ancien premier ministre japonais Nakasone Yasuhiro. Celui-ci a proposé la création d'une instance formée de dix pays de la région Asie-Pacifique en vue d'étudier les moyens d'accroître la transparence des systèmes financiers et de prévenir les crises. Une autre intervention très remarquée a été celle de Raymond Barre, pour qui l'actuelle crise est révélatrice de ce qu'on doit attendre de la mondialisation et de ce que réserve l'avenir.


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