Durant l'affaire des otages à Lima, jamais le Premier ministre Hashimoto n'a montré la même détermination que le président péruvien Fujimori. D'où vient cette pusillanimité des Japonais ? Dans le confort de la prospérité, ils se bercent de l'illusion que tous les problèmes peuvent être résolus sans violence.
L'ambassadeur japonais, dont la résidence à Lima a été occupée quatre mois durant par des terroristes, évoque la détresse des otages. Il estime que l'insistance japonaise sur une solution pacifique a mené Fujimori à attendre le meilleur moment pour lancer l'assaut.
LE BIG BANG JAPONAIS (FUJIWARA Sakuya)
Les consommateurs japonais, individus et entreprises, attendent de meilleurs services des institutions financières. De plus, sur le plan international, l'arrivée prochaine de l'euro ajoute à l'urgence d'une restructuration du système financier japonais, pour que le yen ne soit pas totalement éclipsé.
En avril 1998, la révision de la Loi sur les échanges et le commerce extérieurs entrera en vigueur. En supprimant les barrières entre les marchés financiers japonais et étrangers, elle forcera les institutions japonaises à adopter les standards globaux et fera progresser les réformes du « big bang ».
VIE ET MORT
Après quinze ans de débats, une loi autorisant les prélèvements d'organes sur des personnes frappées de mort cérébrale a été promulguée. Elle ne s'appliquera toutefois qu'à ceux qui auront préalablement accepté de donner leurs organes. Peut-être cela vaut-il mieux que d'assimiler dans tous les cas la mort cérébrale à la fin de la vie.
L'AFFAIRE DES MANUELS SCOLAIRES (TOKUTAKE Yasushi)
En 1982, la Chine et la Corée du Sud ont protesté contre la description faite dans les manuels scolaires des agressions japonaises des années trente. A présent, avec l'introduction de passages sur les femmes de réconfort, une partie de l'opinion japonaise se plaint que les écoliers absorbent une version « anti-japonaise » de l'histoire moderne.
Depuis l'ère Meiji (1868-1912), les Japonais regrettent les deux siècles et demi d'isolement que le pays s'est imposés à partir du début du XVIIe siècle. C'est pourtant une période pendant laquelle le Japon, tout en commerçant activement, a maintenu son indépendance économique et s'est bâti une civilisation distinctive.
OÚ EN EST LE DÉBAT SUR LA CONSTITUTION ? (KAWACHI Takashi)
La Constitution japonaise actuelle n'a jamais été amendée depuis son adoption sous la houlette américaine après la seconde guerre mondiale. Sa révision, longtemps préconisée par une petite minorité de droite, est maintenant souhaitée par de larges couches de la population.
La Constitution préparée en 1946 entérine, par sa renonciation a tout potentiel de guerre, le manque de confiance en eux des Japonais vaincus, sans articuler de normes pour le caractère et l'intérêt nationaux. Plutôt que de la réviser mieux vaudrait la remplacer.
LA CRISE MORALE (IWAO Sumiko)
Les Japonais ont récemment été choqués d'apprendre que des lycéennes, et même collégiennes, acceptent de l'argent pour sortir, et parfois coucher, avec des hommes d'âge moyen. L'origine du problème est à chercher dans la superficialité des rapports humains, familiaux en particulier, dans le Japon contemporain.